Ateliers d’enluminure au musée de Metz

Posted by Mathilde  juin 27, 2010  4 Comments »

Dans le cadre des animations estivales proposées par la ville de Metz, j’animerai deux ateliers de découverte et de pratique de l’enluminure au sein du Musée de la Cour d’Or, pour les enfants de 8 à 12 ans. Ces animations ont lieu du 5 au 9 juillet, l’une les matins (10h-12h) et l’autre les après-midis (14h-15h).

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Le thème retenu pour ces animations est le bestiaire d’un plafond peint conservé au musée (pour en savoir plus c’est ici).  Ils représentent des animaux fantastiques inscrits dans des médaillons. Nous prendrons modèle de ces être fabuleux  pour les enluminures, qui seront réalisées de manière traditionnelle, sur parchemin et avec des pigments naturels liés à la tempéra. A l’issue de cette semaine de travail, chaque enfant repartira avec sa création. Je mettrai dès que possible quelques images de ces ateliers et des réalisations ici.

Les photographies du plafond proviennent du site du service éducatif du musée.

Weekend bucolique à Albestroff

Posted by Mathilde  juin 01, 2010  3 Comments »

  Albestroff

carte albestroff

Le dimanche 16 mai, nous avons recommencé notre saison d’animations en nous rendant à Albestroff, pour un campement champêtre au milieu de prés fleuris et de vallons verdoyants. C’était en quelque sorte un retour aux sources pour les artisans messins que nous sommes car ce village était à l’époque médiévale une châtellenie appartenant à l’évêque de Metz. Le château avait été construit au XIIIe siècle puis reconstruit au début du XVe siècle par l’évêque Conrad Bayer de Boppart. Aujourd’hui, hélas, il ne reste plus guère que quelques pierres délimitant les fossés… ( ici un ouvrage à ce sujet)


Ce fut l’occasion d’un agréable week-end rustique où nous avons présenté divers ateliers et activités. Ne pouvant malheureusement pas emmener en pleine nature mon atelier d’enluminure, j’ai présenté la fabrication et l’usage des patenôtres au Moyen-Age, en me basant sur une partie des recherches faites l’an dernier (à voir ici). C’est donc en tant que patenôtrière que j’ai expliqué les différents matériaux utilisés, la liturgie liée à cet objet qui était fort commun à cette époque et présenté quelques exemples de restitutions de ces ancêtres du chapelet.

Aux alentours, divers autres métiers étaient représentés, allant du changeur au bimbelotier en passant par le boucher (nous nous sommes délectés d’un magnifique et succulent sanglier !).

 

Albestroff1

Et puis, que serait un bon week-end sans une bonne partie de rigolade résumée dans une petite vidéo :

 

La Mothe et Morlange: animations extra-muros 2009

Posted by Mathilde  octobre 05, 2009  6 Comments »



P
rofitant de la période estivale, du soleil et de 
la verdure, nous avons quitté Metz  pour la Haute-Marne et la vallée de la Fensch, afin de découvrir les joies des campements. Laissant notre atelier d’enlumineurs à l’abri de l’hygrométrie plutôt fluctuante des toiles de tente, nous avons vaqué à diverses occupations lors de deux week-ends bien loin des murs protecteurs de notre bonne république messine.



Le premier campement avait lieu à La Mothe-en-Bassigny, à la frontière entre la Lorraine et la Haute Marne. Jadis, sur cette colline, s’élevaient des fortifications, que Richelieu et le temps se sont alliés pour détruire. C’est sur le point culminant que nous avions installé tentes et matériels divers, redonnant vie pour 2 journées à ce que avait été une cité très animée. C’est jusque tard le soir, et grâce à l’alchimie entre un ciel particulièrement étoilé et un vin de mûres des plus fameux que nous avons veillé autour du feu de camp, devisant sur le monde. Le lendemain, je me suis attelé à ourler un voile en étamine de laine qui me servira de coiffure tandis que Goscelin s’essayait au tir à l’arbalète et à l’explication de l’usage des insignes de pèlerinage. Ce fut un bien beau week-end, où nous avons pleinement profité de l’isolement du campement au milieu d’une nature magnifique !

   

Lsecond campement se situait sur un site bien plus proche de chez nous et que connaissions bien, puisqu’il s’agit de la chapelle romane de Morlange. A l’occasion de sa restauration et des journées du patrimoine, notre campement s’était installé au pied ce monument, quelque peu caché par des échafaudages, tandis que la nouvelle cloche de l’édifice était coulée à quelques pas de là.



C’est avec plaisir que nous avons fait tente commune avec Lydie, la copiste, afin de présenter ensemble les 
métiers du livre à l’époque médiévale. J’ai pu longuement m’entraîner à dessiner à la plume d’oie, en m’inspirant des carnets de Villard de Honnecourt tandis que Goscelin s’attelait à la peinture de la future enseigne de notre atelier. Une journée ensoleillée, un afflux de visiteurs intéressés et une multitude de projets ; c’est sur ces notes optimistes que s’est terminée notre saison 2009.


    

Guédelon 2009

Posted by Mathilde  septembre 03, 2009  7 Comments »

Pour la 3eme année consécutive nous sommes allés, Goscelin et moi, prêter main-forte sur le chantier médiéval de Guédelon. Il s’agit pour nous d’une coupure annuelle dans notre quotidien et d’un court retour à la nature, bref un vrai dépaysement. Mais cet été, ce séjour a été plus intense et plus magique encore qu’à l’accoutumée : nous avons fait de superbes rencontres et assisté à des moments merveilleux, sans aucun temps mort et dans la bonne humeur.

Tout à commencé de façon assez inhabituelle : par une approche aérienne du site, en passagers de l’avion de Florent (dont voici le blog) : émergeant au cœur de la verte forêt de Puisaye, le chantier s’est  soudain révélé à nous. Même si nous savions que désormais une partie du logis était couverte, la masse du château et de son toit de tuile vus du ciel a été très impressionnante. Et l’expérience de voir le chantier dans sa globalité en un seul coup d’œil était merveilleuse !



Ce n’est que le surlendemain que nous avons intégré l’équipe des bâtisseurs et retrouvé avec bonheur de nombreux oeuvriers. Puis c’est le moment de découvrir l’avancée des travaux : en haut du grand degré, s’ouvre la porte vers la « camera ». Cette chambre seigneuriale d’apparat a presque fini d’être couverte de tuiles, et c’est un sentiment indescriptible que l’on éprouve en observant, assise sur le coussiège en calcaire de la fenêtre géminée, la lumière éclairer les murs qui se perdent dans l’obscurité de la haute charpente de chêne. Après cette entrée en matière, je retourne à mon univers favori : le village des essarteurs avec ses petites maisons de bois et de torchis. J’y fais connaissance avec Pyla, qui, grâce à un bon contact avec le public, anime très efficacement l’atelier du petit teint durant la période estivale. Tout au long du séjour nous nous échangerons des informations et des techniques : entre autres, elle sur la teinture et moi sur le sur le tissage au carton et au fingerloop.


Plus tard dans la journée, je ferai la connaissance de Jean-Pierre, menuisier et artiste, qui vient de transférer son atelier dans le village. Intéressé par ma fusaïole en terre cuite (cadeau de mon frère Guillaume), il me  fait le plaisir de me fabriquer un axe adapté. Le résultat est clair : malgré ses vénérables 600 ans, elle fonctionne à merveille ! Pendant ce temps, Goscelin, toujours passionné par le travail du bois, retrouvait les bûcherons dans la maison toute neuve qu’ils habitent désormais, celle-là même que nous avions contribué à fabriquer deux ans auparavant. Il passera plusieurs jours à fabriquer des tavaillons et à les clouer sur le toit.

 

 

Le jeudi soir, une atmosphère inhabituelle règne sur le chantier alors que nous convergeons tous vers la cour du château. Une fête se prépare : un délicieux repas médiéval a été préparé dans la cuisine du château par Françoise et Max et le groupe de musique médiévale Krless animera de sa musique entraînante cette jolie soirée d’été. A la tombée de la nuit, et après avoir goûté à chaque plat de ce succulent dîner dans la cour du château (ah…les arboulastes, les terrines, les pastés, les confits de gésiers, les poulardes, les darioles,…j’ai faim rien qu’en y repensant), de joyeuses farandoles se forment au rythme de la vielle et du chalumeau.


Puis vient un moment magique : Goscelin et moi allons arpenter le château à la lumière des bougies et au son des musiciens, sous une lune éclatante. Les grandes pièces et les couloirs de pierre, vides de visiteurs, deviennent intimes et mystérieux. Le chantier prend alors une tout autre dimension, quasi-féerique.



C’est encore émerveillés par la soirée de la veille que nous entamons notre avant dernier jour de ce séjour. Ce jour-là, je vais faire la connaissance de Christian, auteur d’un blog qui suit mensuellement la progression du chantier et raconte les petites et les grandes histoires de ce projet, venu pour faire un reportage photographique. Goscelin, toujours à la recherche de nouveaux métiers du bois, aide Jean-Pierre à l’atelier de menuiserie. Le soir, il me montrera le résultat de ses efforts : un métier à tisser à cartes tout neuf !

 


L
’après-midi, je change complètement de métier : je deviens ouvreuse. Il s’agit d’accompagner Bruno, le charretier, menant Idole, la jument percheronne dans leurs 
nombreux déplacements sur le site (transport de pierres, de tavaillons, etc…). Placée en amont de l’attelage je dois demander aux visiteurs de s’écarter du passage du tombereau et de ne pas approcher de la jument. La journée animalière ne s’arrête pas là : le soir, Goscelin et moi avons la tâche de rentrer les animaux de la basse-cour, mêmes si ces derniers ne l’entendent pas de la sorte, en particulier les oies qui ont passé leurs journées à m’observer tisser et à mâchouiller de la laine. Après dix minutes de course poursuite haletante dans le village, les gallinacés réintègrent le poulailler, sous le regard médusé des ânes paissant paisiblement à proximité.

 

Au dernier jour, tandis que Goscelin découvre que tailler une poutre à la doloire n’est pas un exercice de tout repos, je me prépare à une journée au cœur même du château : dans la cuisine. Cette année, elle est devenue fonctionnelle et est de temps à autre investie par Françoise et Max qui montrent la façon de cuisiner au XIIIe siècle. Il me faudra prendre connaissance du matériel avant de m’y mettre (de nombreuses reproductions de poteries archéologiques sont utilisées), puis Françoise m’apprend à confectionner un « gasteau » aux fruits de saison. Mais d’autres  surprises suivront tout au long de cette merveilleuse journée gastronomique. Max, le boulanger, m’apprendra même comment faire du pain et le cuire dans le four du château. Cette journée sera une des plus mémorables du séjour, tant j’y ai appris dans un domaine que j’ignorais complètement, et dans une excellente ambiance. C’est plein d’enthousiasme et de hâte de revenir l’an prochain que nous avons quitté le chantier, mettant fin à ce grand moment de dépaysement.


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