Journées du patrimoine 2008 – Musée de la Cour d’Or

Posted by Mathilde  octobre 01, 2008  2 Comments »

Première sortie pour les prémices de notre atelier d’enlumineurs messins le dimanche des journées du Patrimoine au musée de la Cour d’Or de Metz, mais quelle sortie !!


Autant vous dire que j’étais plus qu’impatiente de pouvoir concrétiser tant de choses à la fois : d’abord faire plus amples connaissances avec cette association vraiment très sympathique et riches de mille talents, mais également de pouvoir montrer aux visiteurs les techniques de l’art de l’enluminure et puis de pouvoir retourner dans ce superbe musée, où j’ai passé tant de temps lorsque j’étais encore étudiante…c’est un peu ma madeleine à moi !

 


Une partie de notre étal: les outils du copistes (calame, plume et canivet), la préparation du parchemin, la fabrication du liant (gomme arabique, eau de miel et blanc d’œuf rompu), les différents pigments naturels dont nous disposons et le matériel nécessaire à la pose de l’or.

 

C’est ainsi que, le dimanche matin, nous avons déménagé une partie de notre mobilier et nos outils d’enlumineurs dans le grenier de Chèvremont. Une ambiance particulière se dégage de tels lieux, pleins du souvenirs des évènements passés et c’est un plaisir que de tenter de faire revivre temporairement ces vieilles pierres. Après avoir fait la connaissance avec les autres ateliers, nous avons installé notre étal : différents outils et matériaux y étaient exposés, reflétant les différentes phases de la fabrication des manuscrits au tout début du XIVe siècle, ainsi que des travaux, achevés ou non.




Goscelin en plein cernage de sa miniature, extraite du livre d’images de Madame Marie. Pour ce faire il utilise du noir d’ivoire à la détrempe, préparé à l’avance dans un godet en coquillage.

 

 

 

 

 

 

Et c’est donc vêtus de nos costumes inspirés du Bréviaire de Renaud de Bar que nous avons accueillis les nombreux visiteurs (2000 personnes pour la journée de dimanche…). Durant la journée nous avons pu rendre visite aux différents étals présentés dans la cour: calligraphie, épices, armement, forge, enseignes de pélerinages, hypocras, tissage et filage. Et c’est non sans nostalgie que j’ai retrouvé de nombreuses connaissances messines.

 

 

 

Guédelon 2008 : le retour !

Posted by Mathilde  août 07, 2008  1 Comment »


 

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Comme chaque année au milieu de la période estivale nous programmons, Goscelin et moi un séjour en temps que « bâtisseurs » sur le chantier médiéval de Guédelon. Pour moi il s’agit de ma 2eme année [récit de la 1ere édition ici] tandis que Goscelin accumule les séjours depuis la création du site. Il s’agit pour nous d’une véritable coupure dans notre quotidien, d’une courte période de « mise au vert » qui permet de recharger les batteries et de repartir de bon pied vers la vie courante. C’est également une occasion d’approcher et de s’essayer (plus ou moins bien) à divers corps de métiers, ce que je n’ai pas manqué de faire. C’est donc vêtus de nouveaux costumes inspirés de la bible de Maciejowski (dont certaines miniatures servent de sources pour les outils de construction du château) que nous avons commencé par une très agréable visite du lieu, afin de voir l’impressionnante évolution du château en moins d’un an : désormais, certaines grandes fenêtres géminées de la façade du logis sont en place, le chemin de ronde et ses créneaux également. Les murs de la camera, la chambre seigneuriale, sont déjà très élevés et les cheminées du logis sont presque achevées, c’est vraiment magnifique ! Quant aux charpentiers, ils s’attellent à la fabrication des fermes (charpentes) du logis.

           

                   Cheminée du logis(aula)                                       Elévation du logis et de la tour maîtresse

Après cette visite nous nous préparons à rejoindre l’un des postes disponibles : j’ai entendu dire que Bruno, le tuilier, avait fort à faire puisqu’il doit mouler et cuire les 5000 tuiles demandées pour couvrir la camera d’ici la fin de l’été. Après de chaleureuses retrouvailles avec les artisans de la forêt, je me dirige vers la tuilerie et j’apprends progressivement à mouler les tuiles, à modeler leurs ergots et à vérifier leur solidité. Le rythme est assez soutenu  mais le travail de l’argile est agréable, même s’il faut parfois la battre assez fort. C’est avec plaisir que j’apprends des tours de main de Bruno et que je réponds aux visiteurs. Le tuilier m’annonce alors qu’il a effectué une cuisson la semaine précédente et que le lendemain doit être consacré au défournage. Chose dite, chose faite, le jour suivant je m’attèle à retirer les tuiles cuites du four, d’où une chaleur sourde semble encore se dégager. Goscelin et d’autres bénévoles participent à cette tâche et nous formons une chaîne pour transporter les tuiles à l’abri : je suis désignée pour me placer dans le four et trier les tuiles suivant leur cuisson. Tout se fait au son, selon le vieil adage « On connait la bonté de la tuile, lorsque, frappée en l’air, elle sonne bien » Cette dernière cuisson est plutôt réussie : sur 1500 tuiles placées dans le four, plus de 1200 sont utilisables. L’après midi-je regagne l’atelier du Petit-teint où Julie m’attend pour quelques expériences de teinture et de filage. Puis en fin d’après-midi je retourne au four pour effectuer un autre classement des tuiles dans la pile des « tuiles litigieuses ».

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Le lendemain, je retrouve mon lieu de prédilection sur ce chantier : la maison du Petit teint, où je peux tester de nombreuses plantes tinctoriales, carder des toisons, filer ou tisser. Chantal, qui s’occupe toute l’année de cette adorable petite maison au cœur de la forêt, est en vacances pour le moment mais c’est sans difficulté aucune que j’installe seule l’atelier et réponds aux questions des visiteurs. La
proximité de l’atelier de Bernard, le vannier est également extrêmement agréable et nous nous trouvons vite pas mal de points communs et les même centres d’intérêts. C’est avec un grand plaisir 
que j’explique les plantes tinctoriales qui se situent dans le jardinet derrière la maison (avec plus ou moins de difficultés, le hollandais étant une langue que je ne maîtrise pas alors que les visiteurs venus de cette contrée sont avides d’informations…). Je passe également pas mal de temps à filer au fuseau pour montrer cette technique.

 

J’assiste également à l’abattage d’un arbre par Goscelin, devenu bûcheron, et Jean-Michel, à l’aide d’un passe-partout et d’une cognée. Le soir, je referme bien la maisonnette pour éviter que les moutons s’y réfugient nuitamment et je laisse la majorité de mon matériel à l’intérieur, sachant que Chantal serait de retour le lendemain.

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Cette nouvelle journée entièrement consacrée au textile avec le retour de Chantal, que je suis ravie de retrouver au bout d’un an. Le but de la journée est de teindre un maximum d’écheveaux et de tissus avec de la garance. La matinée est consacrée simultanément au mordançage des différents éléments dans un bain d’alun et à la décoction de la racine de garance sur un feu de bois. En même temps, nous filons de la laine tout en discutant avec les visiteurs et les autres oeuvriers et bâtisseurs. L’après-midi, après une courte visite à la tuilerie où Goscelin s’applique à former de jolis ergots aux tuiles, je retourne auprès du bain de teinture, que Chantal vient de filtrer. Il est désormais tiède et plusieurs écheveaux de laine ainsi qu’un surcot de lin peuvent y être plongés. Le tout est ensuite réchauffé et doit être souvent remué afin que la teinture soit bien uniforme. En un peu moins d’une heure, le bliaut, en lin de couleur naturelle, prend une belle couleur orangée et peut ainsi être mis à sécher au soleil. Je profite d’un moment de répit pour confectionner une tisane  avec les simples du jardin et nous repartons tous dans notre filage jusqu’au soir…




A force de voir le château à l’orée du bois, je me suis laissé tenter par un travail plus en rapport avec sa construction : la taille de pierre. Après une brève réunion de chantier à l’étage du logis, je me dirige vers la loge d’Eugène, située dans l’enceinte du château. Il me confie du matériel de taille : massette, broche, ciseau, chasse, ainsi que des lunettes de sécurité (le nombre d’éclats virevoltants aux alentours est assez impressionnant pour une novice). Puis il m’explique le travail à accomplir sur un bloc de
calcaire marbrier provenant de Forterre. Après avoir compris l’amplitude à donner à mes mouvements et le rythme à acquérir, je me lance dans le dégrossissage d’un côté du bloc avec la chasse, 
puis je précise les formes avec la broche. Mais c’est au moment d’affiner le tout avec le ciseau que tout se gâte : mon dos convalescent ayant décidé de se manifester, je suis obligé d’abandonner la taille après le repas de midi. Je retourne donc dans la forêt, tisser de la laine pour l’après-midi, en planifiant déjà une journée de vannerie pour le lendemain.

 



C’est le dernier jour de mon séjour à Guédelon et c’est avec cette pensée que je gagne le village où Bernard m’attend avec l’osier que j’ai mis à tremper la veille. Je commence à m’installer pendant qu’il m’explique quelques notions de base et me raconte sa formation à l’école de Fayl Billot. Puis il m’apprend à commencer un fond de corbeille en incisant l’osier et en entrecroisant les différents brins. Le geste est très difficile à acquérir, au début je sens l’osier qui se casse sous mes doigts mais au fur et à mesure celui-ci se fait plus souple et je peux le tresser. Pour fabriquer la corbeille nous utilisons 2 types d’osiers, l’un brut et l’autre épluché. Il me montre comment il répare les mannes qu’il fabrique pour le chantier et qui servent à porter sable et mortier, leur résistance est impressionnante. Il s’agit de larges paniers cylindriques, de 45 cm de diamètres environ, renforcés par un croisillon de bois à leur base. La chaux, très corrosive, contenue dans le mortier ainsi que les aléas du transport sur le chantier, endommagent tout de même ces paniers, qui doivent être réparés. Bernard fabrique également des boites à outils pour les ouvriers et bien d’autres choses encore. J’ai appris énormément de choses durant cette journée, qui a agréablement clôturée mon séjour à Guédelon. Je crois d’ailleurs que cette édition 2008 a été encore plus intéressante en rencontres et en savoirs que la précédente…j’espère que cette impression se renouvellera d’année en année…car je compte bien y retourner, je m’y sens tellement bien !

XXIXeme fête médiévale de Rodemack

Posted by Mathilde  juillet 14, 2008  2 Comments »

Comme chaque année, à la fin du mois de juin, la cité de Rodemack organise en grand marché médiéval et de nombreuses troupes et échoppes d’artisans y sont présents. En tant que voisine de cette localité, c’est l’occasion idéale pour revoir de vieilles connaissances ou lier de nouveaux contacts. Malheureusement cette visite a été raccourcie par quelques contretemps , ce qui fait que je n’ai pas rencontré ou assez discuté avec tout le monde, mais je me rattraperai une autre fois…

C‘est dans le campement des Archers de Sire Contet que nous avons posés nos pénates, Goscelin et moi: cette année ils avaient été installés sous de frais ombrages, dans le parc du château, ce qui a un peu atténué la chaleur. Ce fut un excellent moment pour nous retrouver tous et je remercie Patrick et toute sa compagnie pour leur accueil et leur bonne humeur. En descendant au cœur de la cité nous avons retrouvé des connaissances (Lucien le potier, Jeanf et Glouby, …) et j’y ai même rencontré mon frère Guillaume qui venait s’approvisionner en cuir pour ses réalisations!

Ce fut également l’occasion de tester nos nouveaux costumes et  je suis surprise par leur confort et la liberté de mouvement que nous avons en les portant (je ferai un article les concernant prochainement). Ce weekend de retrouvailles et de découverte fut une excellente façon de commencer les festivités médiévales estivales. Vivement la XXXeme édition!

Séjour à Guédelon….

Posted by Mathilde  août 30, 2007  3 Comments »

Quoi de mieux pendant les congés d’été que de faire une coupure nette et brutale dans notre train-train quotidien en se mettant au vert ?  C’est en partant de cette considération que j’ai décidé, en compagnie de mon cher et tendre, de passer une semaine en tant que bénévole sur le chantier médiéval de Guédelon pour nous aussi faire partie de l’aventure.


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A
ussi dit, aussi tôt fait et me voici à peine 8 jours plus tard à arpenter le chantier en me proposant comme manœuvre. Dans l’intervalle, j’ai réussi à coudre une solide robe de travailleuse, sans manches ainsi qu’une coiffe d’après quelques enluminures. Le plus dur reste cependant à faire : me trouver une activité en adéquation avec mon gabarit.  Nul doute que la maçonnerie ou la taille de pierre m’aurait tenté mais finalement j’opte, dans un premier pour une activité bien moins physique : le travail de la laine dans l’atelier du Petit Teint, dans le village des essarteurs.

Et si on disait que j’étais  « fileuse, teinturière et tisserande » ?

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L
es premiers jours j’ai installé mes pénates dans une charmante maison de torchis et de bardeaux au cœur de la forêt, environnée du troupeau de mouton et du jardin à plantes tinctoriales. Il s’agit de la seule maison du village à laisser entrapercevoir une pièce d’habitation plutôt rustique au premier abord. Un véritable petit paradis terrestre sur lequel veille Chantal en y apportant sa bonne humeur.


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Elle m’apprend en un après midi à filer la laine de son bruyant troupeau et le lendemain, je retourne chez elle pour teinter et encore filer au fuseau, en expliquant la démarche du chantier et la vie quotidienne aux visiteurs. Puis s’en viennent quelques échanges d’informations entre « habitants » du village : plusieurs villageoises ont besoin de renseignements sur les costumes du XIIIe siècle et les textiles (cette année est l’an 1238 à Guédelon) et j’ai justement emmené avec moi mes robes.
Le lendemain, Chantal m’initie à la teinture et au tissage. D’ailleurs son métier à tisser, qui trône fièrement dans la partie atelier de la maison à une superbe vue sur le château en construction, le prés des chevaux de trait et accessoirement sur la zone du chantier où Goscelin s’évertue à poser des coussièges en compagnie des maçons.

 

Et si on disait que j’était « bûcheronne » ?


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Alors là, je sais, ça ne fait pas très crédible vu ma carrure mais j’ai voulu être plus en contact avec la construction. Jean-Michel, le chef des bûcherons m’a proposé, ainsi qu’à Goscelin, de travailler sur la nouvelle maison à pans de bois qu’il se construit au fond du bois. J’avoue que la proposition était assez tentante car j’ai toujours admiré l’ingénieux système de montage de ces bâtiments et l’opportunité d’y prendre part est plutôt rare. Me voici donc dans la forêt, armée d’un marteau  et d’un débauchoir pour tailler tenons et mortaises dans des poutres âgées de deux ans.
 

Les débuts sont plutôt difficiles mais peu à peu je me laisse entraîner par l’atmosphère, l’odeur du chêne vert, le bruissement du feuillage et le rythme des instruments de travail de mes comparses. Je n’hésite pas à grimper sur les poutres en robe et termine la journée en taillant une mortaise. Bref une excellente journée où je me suis bien dépensé et ai lié d’amitié avec des bûcherons. Goscelin, totalement subjugué par ce travail du bois restera à ce poste quelques jours encore, tandis que je retourne à mes moutons…

Et si on disait que j’étais « fèvresse » ?

Depuis de longues années je suis fascinée par la forge, les couleurs du métal chauffé et la possibilité de réaliser de superbes objets. J’ai donc demandé au forgeron de rejoindre son atelier, et Goscelin m’a suivi dans l’aventure.


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Le fèvre a commencé par me trouver une masse adaptée à ma force (la plus petite de la forge…) et à m’expliquer les couleurs, les revenus et la précision des gestes à avoir. J’ai également appris à manier le soufflet de forge, vieux de 250 ans et l’enclume qui m’a était dévolue datait du XVe siècle, c’était impressionnant ! S’en est suivi une longue série de pointes pour fixer les bardeaux et des clous (qui ont, eux, contrairement aux pointes une tête) pour fournir le chantier. Puis j’ai assisté à la réparation des outils des tailleurs de pierre. Le lendemain, j’ai réalisé un traçoir utilisable sur la pierre et Goscelin a réalisé un « fusil », c’est-à-dire un briquet pour allumer le feu.

 

Mais au bout d’une semaine, il a fallu revenir à la dure réalité : non nous n’étions pas en 1238, je ne suis pas oeuvrière et j’ai une vie trépidante et moderne à continuer. C’est donc avec le cœur lourd que j’ai quitté le chantier, me promettant d’y revenir l’an prochain, et peut être celle d’après et ainsi de suite, pendant de longues années, jusqu’à arriver à ce résultat:


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