Renaud de Bar et ses manuscrits

Posted by Mathilde  août 30, 2012  3 Comments »

S‘il est bien un ensemble de manuscrits qui m’émerveille et que je redécouvre sans cesse, il s’agit bien du groupe de magnifiques ouvrages réalisés à Metz à l’attention de l’évêque Renaud de Bar. Je suis depuis de nombreuses années subjuguée par ces précieux volumes et ce n’est vraiment pas par hasard que j’ai décidé de m’intéresser tout spécialement aux ateliers d’enlumineurs dans cette cité vers 1290 – 1310. Voici un peu le contexte lié à cette formidable production artistique ainsi que des liens vers des galeries où ces manuscrits sont feuilletables. Bonne visite!

rdebar

Aujourd’hui dispersés dans toute l’Europe, les manuscrits réalisés pour Renaud de Bar, 69eme évêque de Metz au début du XIVe siècle, constituent de précieux témoignages de la production d’ouvrages enluminés à Metz, mais aussi de la liturgie ainsi que du goût de cet évêque pour les objets de luxe. Fils cadet du comte de Bar, Renaud fut naturellement destiné à une carrière ecclésiastique : il obtint très jeune des prébendes de chanoine à Reims, Beauvais, Cambrai, Laon et Verdun, fut archidiacre à Bruxelles puis à Besançon avant 1298 et princier du chapitre-cathédral de Metz en 1301. En 1302 il fut nommé prévôt de la Madeleine à Verdun et quelques semaines plus tard évêque de Metz. Pour autant, son pontificat fut essaimé de dettes, de démêlés bien souvent armés avec les seigneurs locaux, ainsi que de querelles avec les chanoines de la cité. A sa mort, en 1316 à l’abbaye Saint-Vincent, les rumeurs d’empoisonnement contre ce prélat peu apprécié reflètent sa constante impopularité et ses nombreuses inimitiés.

Bar Prague

Six manuscrits lui ayant appartenu, d’une très grande qualité d’exécution, ont été recensés. On ignore le commanditaire d’une pareille entreprise : s’agit-il de  sa sœur Marguerite, abbesse de Saint-Maur de Verdun à qui appartenait un magnifique bréviaire (BNF Lat. 1029A) ou plutôt de sa mère, Jeanne de Toucy, dont les armoiries figurent à plusieurs reprises dans les marges, à côté de celles de son fils ?

armoiries bar

Quant à la datation de ce vaste ensemble, on s’accorde à penser que la réalisation des manuscrits a débuté avant que Renaud ne soit nommé évêque de Metz. En effet, le Missel de cet ensemble a tout d’abord été conçu pour la liturgie de Verdun, cité où Renaud de Bar était prévôt. Mais des révisions, de la main même du copiste originel, ont adaptés ce manuscrit à la liturgie messine, ce qui daterait cet ensemble de manuscrits d’entre 1302 et 1305.

bar verdun

Hormis le Rituel à l’usage de Metz (BM Metz ms. 43 détruit en 1944), tous les autres éléments sont depuis peu accessibles en version numérisée, permettant d’appréhender un ensemble aujourd’hui dispersé dans plusieurs institutions. Tous sont des manuscrits à usage liturgique (rituel, bréviaire, pontifical et missel), faits pour être utilisés par l’évêque durant les cérémonies et contenants des oraisons, formules de bénédiction et textes sacrés utilisés durant la messe.

verdun bar 98

Le décor y tient une place conséquente : les antennes feuillues et fleuries encadrent les colonnes d’écriture et servent d’appui à des drôleries, tandis que les lettres historiées font écho au texte. Çà et là, des blasons rappellent le lignage de Renaud de Bar tandis que des figures courtoises – musiciens, jeunes gens ou scènes de chasses- occupent les marges inférieures. La qualité de ces décors fait de la cité messine, où ils ont la plupart été réalisés, un centre de production artistique de premier plan dans la première décennie du XIVe siècle.

bréviaire bar

 

Comment vous l’avez peut-être remarqué, mon enthousiasme pour ces manuscrits est tel que j’ai d’énormes difficultés à sélectionner les illustrations de cet article. Je ne peux donc que vous exhorter à visiter ces liens qui mènent vers des galeries quasi-complètes et en haute définition afin de voir par vous-mêmes le contenu de ces volumes. 

lien feuilletage Bréviaire à l’usage de Verdun – volume d’Eté  (BM Verdun ms. 107)                                  
lien feuilletage  Bréviaire à l’usage de Verdun – volume d’Hiver (Yates Thomson ms. 8)
lien feuilletage Missel à l’usage de Verdunrévisé pour Metz (BM Verdun ms. 98)
lien feuilletage Pontifical à l’usage de Metz – 1ere partie (Fitzwilliam Museum Cambridge, ms. 298)
lien feuilletage  Pontifical à l’usage de Metz  – 2eme partie (Prague, Bibliothèque nationale, ms. XXIIIC 120)

marge

Etude de l’enceinte médiévale de la cité de Metz

Posted by Mathilde  mars 15, 2012  No Comments »

Parce qu’il n’y a pas que les manuscrits médiévaux dans la vie, et parce que la cité de Metz, qui tient une place à part dans mon coeur, conserve de magnifiques et imposants monuments de la période médiévale, je tenais aujourd’hui à vous présenter l’association Historia Metensis, dont Goscelin et moi faisons partie.

Le but de cette association, regroupant des chercheurs et des passionnés d’histoire, est d’étudier et de mettre en valeur le patrimoine de la ville, souvent méconnu. Le projet actuel est l’étude de l’enceinte médiévale de Metz, en croisant les sources archéologiques et les archives. Vous pouvez déjà retrouver toute l’actualité de l’association, ainsi que des articles sur l’histoire de la ville, sur www.historiametensis.fr

 Bonne visite ! 

Historia

Un peu d’imagination et une bonne dose d’archives…

Posted by Mathilde  février 15, 2011  8 Comments »

ban de trefond

Cela fait quelques temps que j’ai mis le nez dans les archives de la cité de Metz pour y trouver quelques informations sur les enlumineurs locaux, dans le but de comprendre leur cadre de vie. Grâce aux rôles des bans (des rouleaux qui mentionnent les transactions immobilières pour la dernière décennie du XIIIe siècle) l’on peut découvrir la profession et les patronymes de nombreux habitants de la ville. Plusieurs enlumineurs y sont mentionnés, avec leur mode de vie, leur niveau de richesse, leurs relations avec leur voisinage et ces petits détails du quotidien sont peu à peu devenus ceux de l’image que je me fais de « mon » enlumineresse, m’amenant à créer une biographie fictive. Il s’agit d’un amusant jeu d’esprit, qui d’autant plus m’aide à « accessoiriser» ce personnage, à l’ancrer dans un contexte précis et d’évoquer des personnages réels (comme Maistre Gerairs ou Jean Darainnes, enlumineurs avérés dans les sources historiques). De son côté Goscelin s’est prêté également au jeu et voilà notre version de la vie qu’auraient pu avoir des enlumineurs à Metz vers 1300…

 Mathilde

Goscelin

Faustum festum natalicium et felicem annum MMXII!

Posted by Mathilde  janvier 31, 2011  1 Comment »

 

 

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