Guédelon 2009

Pour la 3eme année consécutive nous sommes allés, Goscelin et moi, prêter main-forte sur le chantier médiéval de Guédelon. Il s’agit pour nous d’une coupure annuelle dans notre quotidien et d’un court retour à la nature, bref un vrai dépaysement. Mais cet été, ce séjour a été plus intense et plus magique encore qu’à l’accoutumée : nous avons fait de superbes rencontres et assisté à des moments merveilleux, sans aucun temps mort et dans la bonne humeur.

Tout à commencé de façon assez inhabituelle : par une approche aérienne du site, en passagers de l’avion de Florent (dont voici le blog) : émergeant au cœur de la verte forêt de Puisaye, le chantier s’est  soudain révélé à nous. Même si nous savions que désormais une partie du logis était couverte, la masse du château et de son toit de tuile vus du ciel a été très impressionnante. Et l’expérience de voir le chantier dans sa globalité en un seul coup d’œil était merveilleuse !



Ce n’est que le surlendemain que nous avons intégré l’équipe des bâtisseurs et retrouvé avec bonheur de nombreux oeuvriers. Puis c’est le moment de découvrir l’avancée des travaux : en haut du grand degré, s’ouvre la porte vers la « camera ». Cette chambre seigneuriale d’apparat a presque fini d’être couverte de tuiles, et c’est un sentiment indescriptible que l’on éprouve en observant, assise sur le coussiège en calcaire de la fenêtre géminée, la lumière éclairer les murs qui se perdent dans l’obscurité de la haute charpente de chêne. Après cette entrée en matière, je retourne à mon univers favori : le village des essarteurs avec ses petites maisons de bois et de torchis. J’y fais connaissance avec Pyla, qui, grâce à un bon contact avec le public, anime très efficacement l’atelier du petit teint durant la période estivale. Tout au long du séjour nous nous échangerons des informations et des techniques : entre autres, elle sur la teinture et moi sur le sur le tissage au carton et au fingerloop.


Plus tard dans la journée, je ferai la connaissance de Jean-Pierre, menuisier et artiste, qui vient de transférer son atelier dans le village. Intéressé par ma fusaïole en terre cuite (cadeau de mon frère Guillaume), il me  fait le plaisir de me fabriquer un axe adapté. Le résultat est clair : malgré ses vénérables 600 ans, elle fonctionne à merveille ! Pendant ce temps, Goscelin, toujours passionné par le travail du bois, retrouvait les bûcherons dans la maison toute neuve qu’ils habitent désormais, celle-là même que nous avions contribué à fabriquer deux ans auparavant. Il passera plusieurs jours à fabriquer des tavaillons et à les clouer sur le toit.

 

 

Le jeudi soir, une atmosphère inhabituelle règne sur le chantier alors que nous convergeons tous vers la cour du château. Une fête se prépare : un délicieux repas médiéval a été préparé dans la cuisine du château par Françoise et Max et le groupe de musique médiévale Krless animera de sa musique entraînante cette jolie soirée d’été. A la tombée de la nuit, et après avoir goûté à chaque plat de ce succulent dîner dans la cour du château (ah…les arboulastes, les terrines, les pastés, les confits de gésiers, les poulardes, les darioles,…j’ai faim rien qu’en y repensant), de joyeuses farandoles se forment au rythme de la vielle et du chalumeau.


Puis vient un moment magique : Goscelin et moi allons arpenter le château à la lumière des bougies et au son des musiciens, sous une lune éclatante. Les grandes pièces et les couloirs de pierre, vides de visiteurs, deviennent intimes et mystérieux. Le chantier prend alors une tout autre dimension, quasi-féerique.



C’est encore émerveillés par la soirée de la veille que nous entamons notre avant dernier jour de ce séjour. Ce jour-là, je vais faire la connaissance de Christian, auteur d’un blog qui suit mensuellement la progression du chantier et raconte les petites et les grandes histoires de ce projet, venu pour faire un reportage photographique. Goscelin, toujours à la recherche de nouveaux métiers du bois, aide Jean-Pierre à l’atelier de menuiserie. Le soir, il me montrera le résultat de ses efforts : un métier à tisser à cartes tout neuf !

 


L
’après-midi, je change complètement de métier : je deviens ouvreuse. Il s’agit d’accompagner Bruno, le charretier, menant Idole, la jument percheronne dans leurs 
nombreux déplacements sur le site (transport de pierres, de tavaillons, etc…). Placée en amont de l’attelage je dois demander aux visiteurs de s’écarter du passage du tombereau et de ne pas approcher de la jument. La journée animalière ne s’arrête pas là : le soir, Goscelin et moi avons la tâche de rentrer les animaux de la basse-cour, mêmes si ces derniers ne l’entendent pas de la sorte, en particulier les oies qui ont passé leurs journées à m’observer tisser et à mâchouiller de la laine. Après dix minutes de course poursuite haletante dans le village, les gallinacés réintègrent le poulailler, sous le regard médusé des ânes paissant paisiblement à proximité.

 

Au dernier jour, tandis que Goscelin découvre que tailler une poutre à la doloire n’est pas un exercice de tout repos, je me prépare à une journée au cœur même du château : dans la cuisine. Cette année, elle est devenue fonctionnelle et est de temps à autre investie par Françoise et Max qui montrent la façon de cuisiner au XIIIe siècle. Il me faudra prendre connaissance du matériel avant de m’y mettre (de nombreuses reproductions de poteries archéologiques sont utilisées), puis Françoise m’apprend à confectionner un « gasteau » aux fruits de saison. Mais d’autres  surprises suivront tout au long de cette merveilleuse journée gastronomique. Max, le boulanger, m’apprendra même comment faire du pain et le cuire dans le four du château. Cette journée sera une des plus mémorables du séjour, tant j’y ai appris dans un domaine que j’ignorais complètement, et dans une excellente ambiance. C’est plein d’enthousiasme et de hâte de revenir l’an prochain que nous avons quitté le chantier, mettant fin à ce grand moment de dépaysement.


7 réponses à “Guédelon 2009”

  1. dame chlodyne dit :

    waouh ! Qu’est-ce que ça a l’air sympatique ton séjour à Guédelon. c’est magique comme tu le raconte. j’aimerais bien apprendre aussi des choses en cuisine. ça avait l’air sympatique cette
    cheminée.

  2. Bien le bonjour…. C’est avec un immense plaisir que nous t’accueillons dans notre communauté du Moyen Age.
    Grâce à tes prochains articles, cette période méconnue va devenir le centre du monde (ou presque)

  3. Guillaume dit :

    Je suis allé à Guédelon et c’était trop cool, j’ai adoré.
    J’ai 13 ans et je suis passionné d’histoire.
    Pourrais-tu me contacter sur piToU-XD@live.fr stp?
    Tu as un super blog

  4. Guillaume dit :

    A partir de quel age peut-on aller à Guedelon?

  5. Anne-Françoise CAPORAL dit :

    Bonjour ! J’ai cliqué sur un lien sur le site d’Hémiole et je me suis retrouvée sur votre blog. En effet , je cherche un modèle de robe pour ma fille qui va être « bâtisseur » à Guédelon la première
    semaine d’août. Comme il me reste peu de temps pour coudre (elle part le 3 août dans l’après-midi), j’aimerais savoir si vous pouvez m’aider. Je trouve que le costume que vous vous êtes
    confectionné est superbe.
    J’aimerais beaucoup que vous me répondiez, si vous en avez le temps.
    A très bientôt, j’espère,
    Une ancienne Messine exilée en Corrèze !

  6. cecile PELLOIS dit :

    Bonjour,

    Je cherchais ce soir une lecture pour mes élèves. Je tape « Guédelon » et je « tombe » sur votre blog. Mais c’est super, bien mieux qu’un article de documentaire! On pourra toujours s’informer sur
    les questions que les uns ou les autres se posent, s’ils sont intéressés. Donc, demain, pour la lecture, nous allons commencer par la salle informatique…

    Bonne soirée,

    Cécile

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