Le retour du codex Manesse….

Il y a quelques temps, nous avons réalisé une miniature très librement inspirée du codex Manesse, ce manuscrit réalisé entre 1300 et 1330 pour Rüdiger et Johannes Manesse. Ce n’est pas la première fois que ce manuscrit nous sert d’inspiration : à deux reprises il m’a servi de base de travail tandis que la première enluminure de Goscelin reprenait une de ses miniatures. Mais cette fois-ci, c’est une double-page qui a été réalisée : l’une se composant d’une miniature en pleine page et l’autre présentant un extrait d’un poème, sur deux colonnes.

 

Le codex Manesse, que l’on nomme aussi le Große Heidelberger Liederhandschrift est à mes yeux l’archétype du manuscrit de chansons courtoises, avec ses 137 miniatures représentant des scènes de fine amor. Il contient les textes de 140 Minnesänger, les équivalents allemands des troubadours et trouvères. Les 137 miniatures présentes dans le codex sont en quelques sortes des portraits de ces auteurs, présentés suivant un ordre hiérarchique allant de l’empereur aux non-nobles. Les folios 178v et 179r concernent le poète de la fin du XIIe siècle Bergner von Horheim, originaire de la région de Francfort.

Manesse 2012

A vrai dire, à l’origine, notre réalisation n’a pas été faite pour être présentée lors de nos animations : il s’agissait simplement d’une illustration destinée à un faire-part, d’où les grandes modifications apportée aux les tenues des deux personnages, dans le blason et l’absence de cimier. Mais finalement, nous pensons qu’elle peut tout de même être utilisée dans notre atelier, pour peu que l’on indique qu’il ne s’agit que d’une inspiration. C’est à partir de cette décision que nous avons voulu en faire une double-page, à insérer plus tard dans une reliure, ce qui explique que nous n’avons pas pu suivre l’ordre habituel de fabrication d’un manuscrit. Il restait donc à copier le texte sur l’autre folio, et ce fut une tâche longue et ardue !

en cours

 illustration2.

En effet, en respectant les dimensions du codex, il m’a fallu recopier un texte en allemand médiéval, leMittelhochdeutsch, ce qui m’a demandé beaucoup de concentration car je n’ai que quelques bases d’allemand moderne. Ensuite, puisque cette double-page reprenait les dimensions du Codex Manesse, j’ai recopié ce texte sur 46 courtes lignes par colonne dans un module d’écriture très petit : ainsi mes lettres ne dépassent pas les 2 mm de haut !

 

illustration3

La copie fut longue et fastidieuse mais je suis très contente du résultat final. Pour finir, j’ai reproduit les initiales filigranées présente sur l’original. Il s’avère que j’aime toujours autant dérouler ces fines lignes à l’encre dans les marges de mes pages. Je laisse maintenant cette double-page entre les mains de Goscelin qui la reliera comme il sait si bien le faire…

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