Un dimanche à la cathédrale de Metz

Posted by Mathilde  avril 03, 2011  No Comments »

2008 015 - Copie

 

Ce dimanche au musée a été un peu spécial. Pour changer d’air, nous nous sommes rendu à deux pas de là, à la cathédrale Saint-Étienne pour profiter d’un cadre toujours aussi médiéval, mais plus majestueux et solennel que la cour du musée. Nous débutons notre visite par l’ancien portail de Notre-Dame la Ronde:

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Pendant que les femmes comparent leurs patenôtres. les hommes font une petite partie de dés devant ce magnifique portail orné de draperies de pierre, d’animaux fantastiques et de scènes religieuses.

Ce portail mène à l’ancienne église Notre-Dame la Ronde, qui a été intégrée à la nef de la cathédrale dès le milieu du XIIIe siècle. La visite de l’intérieur est l’occasion de portraits de groupe.

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La nef de la cathédrale était achevée vers 1300, sauf la voûte qui ne sera terminée qu’en 1380. Le transept et le chœur des XV-XVIe siècle qu’on peut admirer aujourd’hui n’existaient pas en 1300 : à l’époque, à la place, le chœur ottonien de l’ancienne cathédrale romane subsistait, séparé de la nouvelle nef gothique par un mur.

2008 015

Cette visite était bien sympathique, et a offert un cadre rêvé à nos costumes et nos accessoires. Me voici ainsi avec l’une de mes patenôtres face à une statue de saint Jean, dont le trésor de la cathédrale renferme une précieuse relique: une dent !  


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Et pour plus d’informations sur Notre-Dame la Ronde et toute la cathédrale de Metz, je vous recommande  cet excellent blog.

Un peu d’imagination et une bonne dose d’archives…

Posted by Mathilde  février 15, 2011  8 Comments »

ban de trefond

Cela fait quelques temps que j’ai mis le nez dans les archives de la cité de Metz pour y trouver quelques informations sur les enlumineurs locaux, dans le but de comprendre leur cadre de vie. Grâce aux rôles des bans (des rouleaux qui mentionnent les transactions immobilières pour la dernière décennie du XIIIe siècle) l’on peut découvrir la profession et les patronymes de nombreux habitants de la ville. Plusieurs enlumineurs y sont mentionnés, avec leur mode de vie, leur niveau de richesse, leurs relations avec leur voisinage et ces petits détails du quotidien sont peu à peu devenus ceux de l’image que je me fais de « mon » enlumineresse, m’amenant à créer une biographie fictive. Il s’agit d’un amusant jeu d’esprit, qui d’autant plus m’aide à « accessoiriser» ce personnage, à l’ancrer dans un contexte précis et d’évoquer des personnages réels (comme Maistre Gerairs ou Jean Darainnes, enlumineurs avérés dans les sources historiques). De son côté Goscelin s’est prêté également au jeu et voilà notre version de la vie qu’auraient pu avoir des enlumineurs à Metz vers 1300…

 Mathilde

Goscelin

Faustum festum natalicium et felicem annum MMXII!

Posted by Mathilde  janvier 31, 2011  1 Comment »

 

 

Un roman de la rose personnalisé : une enluminure pas à pas.

Posted by Mathilde  janvier 18, 2011  5 Comments »

Il y a quelques temps, je vous avais parlé d’un manuscrit duRoman de la rose particulièrement intéressant du fait de la représentation d’un couple d’enlumineurs dans les marges (à voir ici). Ce manuscrit (et cette représentation) m’ont tellement plus que nous avons décidé, Goscelin et moi, de nous en inspirer pour nous représenter nous-mêmes dans un décor de marge.

2008 221Il ne s’agit donc pas d’une reproduction mais d’une interprétation : même s’il s’agit du même texte issu du roman de la rose et de la même mise en page, nous avons modifié les personnages afin qu’ ils nous ressemblent davantage. Ainsi nous retrouvons en bas de ce nouveau feuillet la robe bordeaux que j’affectionne particulièrement ainsi que le surcot de laine rouge que Goscelin porte par temps froid (et juste pour l’anecdote, voici un petit montage comparatif plutôt drôle à réaliser). La présence de ce feuillet au sein de notre atelier nous permettra, lors de nos animations, d’évoquer l’organisation familiale d’un atelier d’enlumineurs vers 1300.

petit montage 

De plus, la réalisation de cette enluminure est pour moi l’occasion de présenter les différents étapes de réalisation d’une page de manuscrit. Tout d’abord, le feuillet de parchemin a reçu des réglures à la pointe sèche qui serviront de support à l’écriture, qui est effectuée à l’encre métallo-gallique et à la plume d’oie. L’écriture est une gothique textura quadratta.

roman rose 3

Ensuite la phase d’enluminure peut commencer dans un ordre bien précis. Tout d’abord, les dessins préparatoires du décor de cette page ont été réalisés à la mine de plomb (je parlerai sûrement de cet outil  dans un prochain article), que l’on peut effacer aisément grâce à de la mie de pain.

romane rose 4

Puis on applique l’assiette à dorer qui servira de support à la feuille d’or. Un certain relief est donné à cette couche ce qui permettra à l’or d’être également en relief et de donner plus de reflets, de mieux « accrocher » la lumière :

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Après la pose de l’or, on commence la pose des fonds et des grands aplats de couleur que l’on viendra nuancer par la suite par l’ajout de couleurs plus sombres ou plus claires. Enfin, la dernière étape est la pose des lumières (ce sont ces traits blancs qui réhaussent les motifs) puis celle que des cernages (les contours noirs).

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Et voilà, après tout ce temps passé sur ce feuillet, ce dernier est enfin terminé. En toute logique, s’il s’agissait d’un bifolio destiné à être relié, il serait conduit, ainsi que toutes les autres pages du livre, chez le relieur. Mais pourl’instant, ce feuillet restera à notre atelier et fera un excellent support d’explication sur l’art des enlumineurs médiévaux.

roman rose 8

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