Un dossier consacré à Metz au Moyen-Age

Posted by Mathilde  juin 12, 2013  2 Comments »

Vous n’êtes pas sans savoir l’intérêt tout particulier que je porte à l’histoire de la ville de Metz et la place qu’elle tient dans ma passion pour la période médiévale. Et bien ce mois-ci, le magazine Histoire et images médiévales consacre un dossier entier à cette cité. Quatre membres de l’association Historia Metensis (association dont j’avais déjà parlé dans cet article) présentent, à travers 8 articles, différents aspects de la vie quotidienne du XIIIe au XVe siècle, notamment au niveau de l’architecture.

Un excellent aperçu de extraordinaire richesse historique de la ville de Metz que je vous invite à découvrir chez votre marchand de journaux.  Bonne lecture! 

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Un 1er mai à Rettel

Posted by Mathilde  mai 13, 2013  2 Comments »

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 Si le mois de mai est annonciateur du beau temps tant espéré durant la grisaille hivernale, c’est aussi pour nous l’arrivée de notre première manifestation médiévale. Comme l’an dernier à la même date nous avons, en ce premier mai, investi une demeure médiévale le temps d’une journée. Il s’agit de la maison de la Dîme, située à Rettel, en bord de la Moselle. C’est au premier étage de la vénérable bâtisse que nous avons installé ateliers et objets du quotidien, en compagnie de plusieurs amis. Toute la journée nous avons accueilli dans cette salle les visiteurs et leur avons expliqué la reliure, l’enluminure, le tissage de galons ou encore le métier de changeur.

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Comme l’année précédente, la magie des lieux a encore fait son effet: l’atmosphère qui règnait dans cette grande salle, dans laquelle l’on pouvait observer différents corps de métiers médiévaux ou certains aspects de la vie quotidienne, était vraiment merveilleuse et propice aux échanges. Un grand merci aux bénévoles de la maison de la Dîme pour leur accueil dans ce lieu où nous reviendrons avec grand plaisir.

 

Accès album photo

Gare au goupil !

Posted by Mathilde  mars 16, 2013  4 Comments »
Dernière-née de mes créations, voici une grande double-page d’un épisode du Roman de Renart. A vrai dire je l’ai commencé il y a bien longtemps de cela, mais sa réalisation, entre la copie du texte et les enluminures s’est un peu étalé dans le temps. Cela faisait longtemps que je souhaitais refaire un bi folio enluminé qui puisse être intégré dans le futur à une reliure (comme cette double-page inspirée de la Bible de Hambourg) et je me suis rapidement tourné vers les manuscrits enluminés du Roman de Renart, tant ce texte est emblématique de la littérature médiévale.
Renart

Je suis littéralement tombée sous le charme d’un manuscrit du début XIVe siècle conservé à la BNF (vous pouvez le feuilletez à la fin ce cette article) : les folios fourmillent de très nombreuses vignettes (513 au total) illustrant les diverses aventures de ce rusé goupil, le tout rythmé par d’épais rinceaux s’étalant dans les marges. Le fractionnement du récit en de multiples images n’est pas sans rappeler nos modernes bandes dessinées et le modelé des personnages  est empreint d’une certaine naïveté que je trouve touchante. Se détachant du fond doré, tout un bestiaire s’anime au fil des pages : loups, souris, lions, chats semblent imiter les comportements humains afin de mieux en démontrer les travers.

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Après avoir longuement feuilleté la version numérique du manuscrit BNF Français 12584 (plus de détail ici), j’ai jeté mon dévolu sur une double-page (fol. 18 et 19) illustrant l’épisode où Chauve la souris, arrive au château de Maupertuis  afin de réclamer au roi Noble que justice soit faite pour de la mort de son époux le rat Pelé, tué par le goupil ( l’intégralité de l’épisode se trouve ici). Six miniatures viennent illustrer le récit, en voici quelques-unes: 

Miniatures

J’ai pris beaucoup de plaisir à peindre cette multitude d’animaux et cela m’a permis de travailler sur l’épaisseur de mes cernages et les contours, qui sont ici très fins. J’ai réalisé cette double page sur plusieurs mois, en peignant une fois de temps en temps, que ce soit lors d’animations médiévales ou chez moi et j‘ai trouvé ce fractionnement des scènes plutôt pratique car propice à un travail épisodique. Ces miniatures sont remplies d’humour et en peindre quelques-unes fut pour moi de vrais moments de détente.

lien feuilletage Bibliographie et liens complémentaires :

 –  Transcription et traduction de l’épisode de Renart et de dame Chauve.

–  Le dossier sur le roman de Renart de la BNF

Aurélie Barre, L’image du texte : l’enluminure au seuil du manuscrit O (étude des miniatures d’un autre manuscrit du Roman de Renart).

– Aurélie Barre (éd.), Le roman de Renart, édité d’après le manuscrit O (f.fr. 12583)   aperçu disponible ici.

– Version feuilletable du manuscrit BNF Français 12584 :

                    

Réalisation d’une reliure souple

Posted by Goscelin  février 14, 2013  3 Comments »

Je laisse à nouveau la parole à Goscelin pour présenter son dernier travail en reliure, certes un peu moins fastieux que le codex en cuir rouge dont il a parlé ici, mais ô combien intéressant puisque représentant un type de reliure très courant à l’époque médiévale. 

Dans un précédent article, nous avons présenté un codex relié avec les techniques en usage vers 1300. Il s’agissait de la reliure à ais de bois, qui représente la majorité des livres de prestige à l’époque médiévale. Mais parallèlement à ce type d’ouvrages, coûteux, il existe une reliure destinée aux livres d’usage plus courant comme des archives ou des livres de comptes. Je devrais dire des reliures, tant ce qu’on regroupe sous l’appellation « reliures souples » peut se décliner sous diverses formes : il existe différents types de couverture (cuir, parchemin, voire même tissu),  de couture (sur nerf ou sans nerfs, en cuir, en bande de parchemins…).

reliure souple

Elles ont toutefois en commun l’absence d’ais de bois, les couvertures étant uniquement constituées de cuir ou de parchemin. Souvent, il s’agissait de parchemin de réemploi, tradition qui a perduré bien après le Moyen-Âge. En effet, dès la Renaissance, des parchemins dont le texte et les enluminures nous sembleraient aujourd’hui d’une grande valeur n’étaient souvent considérés qu’avec désintérêt. Seule la matière première dont ils étaient constitués, le parchemin, avait de la valeur : on les réutilisait alors en tant que claies (pages de garde), ou bien comme ici, en couverture. Témoin, cet ouvrage conservé à la Bibliothèque Municipale de Metz : relié à l’époque moderne, sa couverture est un feuillet de parchemin du XIVe siècle

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Le livre que j’ai créé est destiné à être utilisé en tant que carnet de croquis, que nous nous efforcerons de remplir de dessins à la mine de plomb  et à l’encre comme a pu le faire Villard de Honnecourt, cet architecte du XIIIe siècle célèbre pour ses croquis. J’ai utilisé une couverture de réemploi, ce qui devait être facile à se procurer dans un atelier du livre. Il s’agit ici d’une page ayant servi d’essai de calligraphie et qui n’a plus d’utilité aujourd’hui. Cela donne au carnet une allure un peu brouillonne qui dénote beaucoup avec mes précédentes réalisations, mais qui est cohérent avec son usage.

reliure souple 2

Les feuillets sont reliés en nœuds de capucin : cette méthode, utilisée du Moyen-Âge au XVIIIe siècle, consiste à fixer les cahiers par une bandelette de parchemin. Celle-ci, ressortant du dos du livre par deux trous, est humidifiée et tortillée sur elle-même. En séchant, le parchemin se rétracte et maintient fermement les feuillets en place. Afin de ne pas fragiliser le dos à force de manipulation de l’ouvrage, il était courant d’ajouter un rectangle de cuir sous les bandelettes.

noeud capucin

Cette méthode est adaptée aux livres d’archives susceptibles de recevoir à tout moment des feuillets supplémentaires en petites quantités : il suffit alors de percer deux nouveaux trous et de fixer les feuillets à l’aide de bandelettes supplémentaires.

Il s’agissait là de mon premier essai de reliure souple, mais j’espère explorer la richesse de ce type d’ouvrage avec de prochaines réalisations.

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