Sancta Barbara ora pro nobis


 Sainte Agnès et sainte Barbe

Lorsque que l’on est habitué à peindre des enluminures, il est parfois déconcertant de peindre sur des surfaces plus grandes car on perd quelques-uns de ses repères et ses petites habitudes de travail. Adieu pinceaux en martre d’une grande finesse et bonjour pinceaux en soie de porc ! Mais le travail de réajustement et d’adaptation à de nouvelles contraintes techniques est très stimulant. C’est ce qui m’est arrivé dernièrement lorsque j’ai décidé de reproduire sur un grand panneau de bois une enluminure issue du Livre d’images de Madame Marie (pour en savoir plus sur ce manuscrit c’est ici). Il s’agit d’un portrait de sainte Barbe, vierge martyre universellement célébrée au Moyen-Age.

A l’occasion d’une journée médiévale au Musée de la Cour d’Or le 4 décembre, jour de sa fête, je devais présenter la légende de cette sainte (ou plutôt les différentes versions de sa légende) particulièrement honorée dans la ville dont elle fut plus tard la patronne. Afin d’avoir un support visuel, nous avons peint avec Goscelin en une petite semaine un panneau de bois (50×30 cm) la représentant, flanquée d’une tour et tenant la palme des martyrs. Placée sur une table et entourée de patenôtres, de bougies et d’un psautier, cette peinture m’a permis d’évoquer l’histoire de la sainte, tandis qu’autour de moi l’ambiance d’une taverne médiévale était recréée par mes comparses. Bref, une excellente occasion d’évoquer cette légende maintes fois modifiée au fil des siècles !

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Patenôtres, bougies et psautier : tout est prêt pour conter la légende de sainte Barbe!

 La légende de sainte Barbe :

panneauIl s’agit ici d’une compilation de différentes légendes hagiographiques (La passio prima , La passion de sainte Barbe par le diacre Pierre ou encore la Légende dorée).


Au temps de l’empereur Maximin, le proconsul Marcien gouvernait la ville de Nicomédie. C’est là que vivait Barbe, fille d’un païen, Dioscore qui possédait de grandes richesses. Devant partir en voyage, il fit construire une tour pour mettre sa fille à l’abri des convoitises. Cette dernière, qui était chrétienne de cœur et s’était fait baptiser en secret par un disciple d’Origène, fit modifier le plan de construction de la tour : deux fenêtres avaient été prévues pour la tour,  Barbe en exigea une troisième, afin d’honorer la Sainte-Trinité. Lorsque son père revint de voyage, il fut furieux et décida de la tuer de son épée. Barbe se mit à prier et Dieu fit s’entrouvrir  les murailles et la transporta sur une montagne où deux bergers faisaient paître leurs brebis. L’un des bergers alla trouver son père pour le prévenir, ce qui
provoqua la colère de Dieu qui changea ses brebis en sauterelles. Lorsque Dioscore retrouva sa fille, il la traîna par les cheveux et la mena devant le proconsul Marcien qui lui demanda 
d’abjurer. Mais Barbe refusa et fut suppliciée : on la frappa sans ménagement à coups de nerf de bœuf mais elle ne ressentait nulle souffrance.  Le lendemain, le proconsul lui fit subir les pires attrocités : il ordonna qu’on lui brûla les côtes avec des torches allumées,  qu’on lui frappât la tête à coups de marteau et qu’on lui coupât les mamelles, mais rien n’y faisait, Barbe ne semblait pas ressentir la douleur. Dioscore ordonna que sa fille soit exhibée, sans vêtement, dans toute la ville. Barbe implora le Seigneur qui voilà le ciel de nuages et couvrit la terre de brume, afin que personne ne puisse voir la nudité de la jeune fille.  Excédé, Discore se saisit d’elle et la mena dans la montagne, où il lui trancha lui-même la tête. A cet instant, le feu du ciel tomba sur lui et il fut pulvérisé par la foudre.

Le culte de sainte Barbe :

1588f169rCe culte s’est très largement répandu en Orient et en Occident. On doit à Bède le Vénérable (VIIIe siècle) , dans son Maryrologe, d’avoir fixé la fête de sainte Barbe au 4 décembre. En Occident, le culte de sainte Barbe s’est solidement implanté en Belgique, dans les Pays-Bas et dans la France du nord et de l’est. En 985, des reliques passèrent de Rome à Gand. La Rhénanie a été également particulièrement dévote à cette sainte, ainsi qu’en Westphalie. Ce prestige s’explique par le fait que cette sainte passait pour éviter la mort subite dite « male mort ». L’origine de cette croyance provient sans doute de l’anecdote de son père, mort foudroyé. A Metz, il y avait, dans la crypte de la cathédrale de Metz, un autel dédié à la sainte et son culte se développe au XIIIe siècle. On trouvait également des reliques de cette vierge martyre à l’abbaye Saint-Arnoul. En 1473, sainte Barbe devint la patronne du pays messin, qui possédait un sanctuaire célèbre près de Metz. Les Messins l’invoquaient contre toutes les calamités qui affligeaient la cité.

 

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A quelques pas de là, Goscelin et Lydie tentent d’apprendre les échecs à Héloise.

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