Séjour à Guédelon….

Quoi de mieux pendant les congés d’été que de faire une coupure nette et brutale dans notre train-train quotidien en se mettant au vert ?  C’est en partant de cette considération que j’ai décidé, en compagnie de mon cher et tendre, de passer une semaine en tant que bénévole sur le chantier médiéval de Guédelon pour nous aussi faire partie de l’aventure.


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A
ussi dit, aussi tôt fait et me voici à peine 8 jours plus tard à arpenter le chantier en me proposant comme manœuvre. Dans l’intervalle, j’ai réussi à coudre une solide robe de travailleuse, sans manches ainsi qu’une coiffe d’après quelques enluminures. Le plus dur reste cependant à faire : me trouver une activité en adéquation avec mon gabarit.  Nul doute que la maçonnerie ou la taille de pierre m’aurait tenté mais finalement j’opte, dans un premier pour une activité bien moins physique : le travail de la laine dans l’atelier du Petit Teint, dans le village des essarteurs.

Et si on disait que j’étais  « fileuse, teinturière et tisserande » ?

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L
es premiers jours j’ai installé mes pénates dans une charmante maison de torchis et de bardeaux au cœur de la forêt, environnée du troupeau de mouton et du jardin à plantes tinctoriales. Il s’agit de la seule maison du village à laisser entrapercevoir une pièce d’habitation plutôt rustique au premier abord. Un véritable petit paradis terrestre sur lequel veille Chantal en y apportant sa bonne humeur.


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Elle m’apprend en un après midi à filer la laine de son bruyant troupeau et le lendemain, je retourne chez elle pour teinter et encore filer au fuseau, en expliquant la démarche du chantier et la vie quotidienne aux visiteurs. Puis s’en viennent quelques échanges d’informations entre « habitants » du village : plusieurs villageoises ont besoin de renseignements sur les costumes du XIIIe siècle et les textiles (cette année est l’an 1238 à Guédelon) et j’ai justement emmené avec moi mes robes.
Le lendemain, Chantal m’initie à la teinture et au tissage. D’ailleurs son métier à tisser, qui trône fièrement dans la partie atelier de la maison à une superbe vue sur le château en construction, le prés des chevaux de trait et accessoirement sur la zone du chantier où Goscelin s’évertue à poser des coussièges en compagnie des maçons.

 

Et si on disait que j’était « bûcheronne » ?


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Alors là, je sais, ça ne fait pas très crédible vu ma carrure mais j’ai voulu être plus en contact avec la construction. Jean-Michel, le chef des bûcherons m’a proposé, ainsi qu’à Goscelin, de travailler sur la nouvelle maison à pans de bois qu’il se construit au fond du bois. J’avoue que la proposition était assez tentante car j’ai toujours admiré l’ingénieux système de montage de ces bâtiments et l’opportunité d’y prendre part est plutôt rare. Me voici donc dans la forêt, armée d’un marteau  et d’un débauchoir pour tailler tenons et mortaises dans des poutres âgées de deux ans.
 

Les débuts sont plutôt difficiles mais peu à peu je me laisse entraîner par l’atmosphère, l’odeur du chêne vert, le bruissement du feuillage et le rythme des instruments de travail de mes comparses. Je n’hésite pas à grimper sur les poutres en robe et termine la journée en taillant une mortaise. Bref une excellente journée où je me suis bien dépensé et ai lié d’amitié avec des bûcherons. Goscelin, totalement subjugué par ce travail du bois restera à ce poste quelques jours encore, tandis que je retourne à mes moutons…

Et si on disait que j’étais « fèvresse » ?

Depuis de longues années je suis fascinée par la forge, les couleurs du métal chauffé et la possibilité de réaliser de superbes objets. J’ai donc demandé au forgeron de rejoindre son atelier, et Goscelin m’a suivi dans l’aventure.


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Le fèvre a commencé par me trouver une masse adaptée à ma force (la plus petite de la forge…) et à m’expliquer les couleurs, les revenus et la précision des gestes à avoir. J’ai également appris à manier le soufflet de forge, vieux de 250 ans et l’enclume qui m’a était dévolue datait du XVe siècle, c’était impressionnant ! S’en est suivi une longue série de pointes pour fixer les bardeaux et des clous (qui ont, eux, contrairement aux pointes une tête) pour fournir le chantier. Puis j’ai assisté à la réparation des outils des tailleurs de pierre. Le lendemain, j’ai réalisé un traçoir utilisable sur la pierre et Goscelin a réalisé un « fusil », c’est-à-dire un briquet pour allumer le feu.

 

Mais au bout d’une semaine, il a fallu revenir à la dure réalité : non nous n’étions pas en 1238, je ne suis pas oeuvrière et j’ai une vie trépidante et moderne à continuer. C’est donc avec le cœur lourd que j’ai quitté le chantier, me promettant d’y revenir l’an prochain, et peut être celle d’après et ainsi de suite, pendant de longues années, jusqu’à arriver à ce résultat:


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3 réponses à “Séjour à Guédelon….”

  1. adalberon dit :

    salut super ton petit reportage 🙂

    te voire a la forge me fait sourire si tu veut un jour sur une anim sa serait avec le plus grand plaisir de te donner quelque truc et astuce si tu veut continuer la dedans

    en toutcas trés beau blog

  2. Chantal dit :

    Je te félicite pour ton petit reportage,sur Guédelon ,comd’hab tu as bien travaillé. Je serai ravie de te revoir afin d’échanger à nouveau quelques connaissances .

  3. chantal dit :

    Aurore ,je viens de jeter un coup d’oeil sur ton blog et je vois que tu as joliment termin’ ton aumonière .Que vas tu entreprendre maintenant? A bientôt!!

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